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Musique - juin 20, 2020

Fête de la musique 2020 : le Cameroun, grenier de bassistes émérites en Afrique!

Yaoundé (© 2020 Afriquinfos)-  Le monde s’apprête, dans des conditions particulières en raison de la pandémie de la Covid-19, à célébrer ce dimanche 21 juin la Fête de la musique. Si dans certains pays des règles de distanciation sociale et des mesures sanitaires, ont été mises en place pour permettre la célébration de cette journée, dans certains pays, l’heure ne sera pas à la fête à l’instar du Cameroun où l’interdiction des grands rassemblements est encore en vigueur. Ce sera malgré tout une fois de plus, l’occasion de revenir sur la longue lignée de bassistes camerounais qui par leur virtuosité et contribution à la musique mondiale, sont devenus des références. Si Richard Bona est sans nul doute le plus célèbre d’entre eux, ils sont nombreux à avoir porté haut la guitare basse camerounaise.

Ils ont collaboré avec les plus grands et ont enrichi leurs œuvres de leurs lignes de basses aux sonorités particulières. Du Cameroun, ils sont allés à la conquête du monde et de leurs rencontres, sont nés des collaborations qui continuent de faire bouger les mélomanes de la planète entière. Leurs noms sont associés d’abord à la crème de la musique camerounaise, Manu Dibango, Eboa Lottin, Eko Roosevelt, Anne-Marie Nzié, Toto Guillaume, Tala André Marie, etc.) et à des célébrités internationales dans des genres musicaux très variés (James Brown, Bob Marley, Claude François, Herbie Hancock, Fela Anikulapo Kuti, Dee Dee Bridgewater, Angélique Kidjo, Kassav, Papa Wemba, etc).  Eux ce sont, Eux c’est Vicky Edimo, Richard Bona, Jean Dikoto Mandengue, Guy Nsanguè, André Manga, Francis Mbappè, Hilaire Penda, Richard Epesse, Gros Ngolle Pokossi, Stéphane Manga pour ne citer que ceux-ci.  Retour sur le parcours exceptionnel de cinq d’entre eux.

Richard Bona : bassiste de renom et businessmn à succès

Richard Bona a grandi à Minta, au sud du Cameroun, dans une famille de musiciens. Il fait ses gammes tout seul, au balafon, et joue des petites flûtes de sa fabrication. A 7 ans, il observe un touriste belge qui gratte une guitare. « J’en ai fabriqué une avec des fils de pêche. Forcément, c’était trop fragile, alors j’ai volé des câbles de freins de vélo chez le garagiste… Quand tu es en manque de musique, tu es prêt à tout ! » Autodidacte, il reproduit ce qu’il entend dans la rue et à la radio. Pour lui, les accords sont des couleurs. Quand sa famille s’installe à Douala, capitale économique du pays, Richard Bona se fait remarquer dans les bœufs nocturnes des clubs de la ville. En 1980, il monte son premier orchestre. Le propriétaire du club où il se produit lui fait découvrir Jaco Pastorius. Il troque sa guitare pour la basse. Plus tard, Richard Bona s’inscrit au conservatoire de Düsseldorf, en Allemagne, « pour acquérir les bases nécessaires à la lecture de la musique ». La suite on la connait : Artiste de renom mais aussi requin de l’immobilier new-yorkais, patron d’une boîte de jazz à Manhattan, producteur de café brésilien, entrepreneur ultra-actif…Richard Bona a désormais plusieurs casquettes.

Vicky Edimo : la référence

Soliste, mélodiste, instrumentiste de génie, Vicky Edimo est celui qui aura certainement le plus inspiré les bassistes de ce monde, celui qui aura montré le chemin à une génération exceptionnelle de bassistes camerounais. Arrivé à Paris en Septembre de l’année 1973 et diplômé de Berklee College Of Music (Boston USA), il exerce depuis un peu plus de 40 ans dans le monde de la musique. Fasciné par le génie de Paul Chambers, Ray Brown et autres, Vicky Edimo va faire ses classes en France aux côtés de Manu Dibango et exploser avec le célèbre groupe martiniquais Les Gibson Brothers qui l’embarque dans l’une des plus grandes expériences de sa carrière à travers une série de concerts dans le monde qui le rendront célèbre. Une célébrité qui lui permettra de collaborer avec des légendes telles que : James Brown, Bob Marley ou encore Steve Coleman. Il n’oublie pour autant pas d’entretenir sa carrière solo avec des albums à succès tels « Jambo Afrika » (2007) et « Siseya » (2014).

Etienne Mbappe : le Jazzman

Certains lui prêtent souvent une parenté avec son jeune homonyme Kylian. Mais jusqu’à preuve du contraire tout ce qu’ils ont en commun en plus de leurs patronymes c’est le talent chacun dans son domaine de prédilection. Etienne Mbappé est en effet l’une des principales figures de la basse camerounaise à travers le monde. Inspiré par son oncle et mentor Valérie Epée, Etienne a dû faire preuve de patience et de persévérance pour atteindre le but qu’il s’était fixé et se faire un nom dans la musique. Après avoir accompagné en tournée des pointures comme Nicole Croisille, Jacques Higelin sur 60 concerts, Liane Foly sur 90 concerts ou encore la légende africaine Salif Kéita, il rejoint en 2010 John McLaughlin & The 4th Dimension avec qui il enregistre un premier album intitulé « To the One » et un deuxième en 2012 « Now here this ». Au niveau de sa carrière solo il compte plusieurs albums parmi lesquels : «Misiya » (2004), « Su La Také » (2008) et autres « How Near How Far » (2016).

Jean Dikoto Mandengue : la musique dans l’âme

Jeannot Karl comme on aime à l’appeler est un musicien dans tous les sens du terme. Il vit, parle et pense musique. Il faut dire que Jeannot a grandi dans la musique aux côtés de son père guitariste qu’il n’a pas vraiment écouté jouer car malheureusement décédé alors que son fils était encore tout jeune. Il a malgré tout hérité de ses gènes de guitariste, c’est d’ailleurs avec la guitare de son feu père qu’il fait entendre ses premières notes de guitariste. Mais c’est sur les conseils du grand Manu Dibango qu’il s’essayera un peu à contre cœur à la guitare basse. Il ne la quittera plus jamais et s’inscrira comme l’un des bassistes de légende que le Cameroun ait connu. Il exercera aux côtés des personnalités telles que Claude François, Mike Brant, Nino Ferrer ou encore Eboa Lotin qui lui a inspiré sa carrière solo.

Aladji Touré : le faiseur de tubes

Musicien, producteur, arrangeur, bassiste, Aladji Touré est certainement l’un des artistes camerounais les plus polyvalents de sa génération. Plus qu’un bassiste, c’est un véritable poids lourd de la musique camerounaise à l’origine ou qui a contribué à l’éclosion de nombreux artistes camerounais (Moni Bilé, Charlotte Mbango, Guy Lobé etc.)et au succès de nombreux titres. Il fût aux côtés de Toto Guillaume l’une des têtes d’affiches du Makossa;  ils constituaient ce qu’on a appelé à l’époque l’équipe nationale du Makossa. Sollicité à travers le monde pour son doigté et son talent Aladji Touré est un artiste accompli qui pour longtemps encore continuera à porter haut les sonorités camerounaises.

S.B.

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