Home Politique Cameroun – Kah Walla face à Michelle Bachelet: «Nous, Camerounais, nous nous rassemblons pour exiger le départ du régime Biya. Nous le ferons par le biais de manifestations de grande envergure et sans violence»
Politique - mai 6, 2019

Cameroun – Kah Walla face à Michelle Bachelet: «Nous, Camerounais, nous nous rassemblons pour exiger le départ du régime Biya. Nous le ferons par le biais de manifestations de grande envergure et sans violence»

La Présidente du Cameroon People’s Party (CPP) estime que le retour à l’accalmie au Cameroun passe par le départ de Paul Biya.

Face au haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Edith Kahbang Walla a vidé son sac. La présidente du Cameroon People’s Party (CPP) faisait partie des leaders politiques reçus par Michelle Bachelet le 4 mai 2019 à Yaoundé, au dernier jour de sa visite en terre camerounaise. L’ancienne militante du Social Democratic Front (SDF) n’a pas mis les gants pour dénoncer la politique du régime de Paul Biya.

«Ce pays extraordinaire se désintègre sous les yeux du monde en raison d’une gouvernance caractérisée par: le refus de mettre en œuvre même le plus fondamental des processus démocratiques, la violation continue et systématique des droits de l’homme, l’impossibilité de fournir des services de base qui sont les droits fondamentaux de la population», a indiqué l’opposante.

Pour étayer son argumentaire, la candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2011 a exposé quelques chiffres qui donnent froid dans le dos. «7 régions sur 10 au Cameroun sont aujourd’hui touchées par un conflit; plus de 700 000 Camerounais sont déplacés à l’intérieur, 170 000 dans l’Extrême-Nord, environ 5000 personnes dans l’Adamaoua,  530 000 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest; plus de 2 000 personnes ont été tuées dans le conflit de Boko Haram et plus de 1850 dans les zones anglophones; au moins 50 000 réfugiés ont fui le pays; l’éducation d’environ 2 500 000 enfants est perturbée depuis trois ans maintenant; plus de 1 000 personnes sont actuellement détenues arbitrairement à cause de la guerre contre Boko Haram et de la crise anglophone», a-t-elle énuméré.

Kah Walla affirme que la situation qui était déjà assez préoccupante avant, s’est aggravée avec la tenue du scrutin présidentiel d’octobre 2018. «Ces crises se sont aggravées fin 2018 avec le simulacre d’élection qui a permis au Président Paul Biya, à l’âge de 85 ans et après 36 ans de règne, de rempiler pour un mandat de 7 ans», a-t-elle soutenu.

Pour la présidente du CPP, les responsables de cette situation, c’est le Chef de l’Etat et son gouvernement. Or, dit-elle, «la seule préoccupation du Président, semble être, de rester au pouvoir».

Au chapitre des recommandations, Edith Kahbang Walla exige «une commission d’information neutre comprenant des membres d’organisations internationales, que les acteurs camerounais de la société civile puissent visiter les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest».

Elle propose que le Conseil de sécurité des Nations Unies déclenche «le processus de sanctions individuelles contre les membres du gouvernement responsables de la violence et du chaos actuels dans le pays, notamment les interdictions de voyage, le gel des avoirs, la saisie des biens, etc.»

«Nous, Camerounais, nous nous rassemblons pour exiger le départ du régime Biya. Nous le ferons par le biais de manifestations de grande envergure et sans violence. Nous demandons à la communauté internationale de nous soutenir», a imploré l’opposante.

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