Home Divertissement São Tomé, l’autre pays du chocolat
Divertissement - Voyage - janvier 27, 2019

São Tomé, l’autre pays du chocolat

La petite île africaine, ancienne colonie portugaise au large du Gabon, est devenue la reine du cacao bio. On peut y suivre la piste du meilleur chocolat du monde à travers une jungle luxuriante.

Dès 1822, des cacaoyers apportés du Brésil comme arbustes ornementaux furent plantés par les colons portugais.

Ecrin chocolat à Obó

Le parc national d’Obó à São Tomé.
Le parc national d’Obó à São Tomé. Christian Goupi pour M Le magazineduMonde

Sur l’île de São Tomé, à 240 km des côtes du Gabon, le parc national d’Obó occupe un tiers du territoire et dispute la vedette aux plages vierges des rivages de l’Atlantique. Au pied du piton volcanique de Cão Grande se déploie une jungle sauvage tissée de lianes, d’arbres et de plantes étranges telles les Cistaceae aux indécentes inflorescences ou le cacaoyer sauvage aux cabosses jaune d’or. Là, naissent les rivières qui nourrissent les roças, les plantations de cacao fondées par les colons portugais au XIXe siècle avec des plants rapportés du Brésil. Depuis l’indépendance, en 1975, la culture des précieuses fèves est, avec le tourisme, le pilier de la fragile économie de l’île. Aujourd’hui, la filière bio représente un tiers de la production nationale (30 000 tonnes par an) et fait vivre 2 000 familles de petits producteurs réunis en coopératives. Elles fournissent les chocolatiers français de l’association Roça Cacao, comme Michel Hurel, Max Vauché ou Jean-Charles Dousset, qui œuvrent à l’amélioration des conditions de vie des planteurs et à la scolarisation des enfants.

Trois heures de marche aller-retour sur sentier balisé, du jardin botanique de Bom Sucesso jusqu’au lac Amelia. www.sao-tome.st

Saveurs pur cacao bio

Terreiro Velho une plantation de cacao à Principe.
Terreiro Velho une plantation de cacao à Principe. Christian Goupi pour M Le magazine du Monde

Au milieu des années 1990, l’agronome italien Claudio Corallo rachète Terreiro Velho, une ancienne plantation de cacao à Principe, l’île voisine de São Tomé. Pour produire un cacao aux saveurs intactes, il y cultive des variétés anciennes non hybridées (comme le criollo), en soignant la taille et l’entretien des plants. Acheminées par bateau à São Tomé, les fèves récoltées sont ensuite torréfiées, épluchées et broyées dans son atelier. Résultat : un chocolat bio pur cacao en tablettes salué comme le meilleur du monde par les connaisseurs.

Visite de l’atelier et dégustation gratuite le jeudi soir (réservation sur place le matin), av. Marginal 12, São Tomé. www.claudiocorallo.com

Ambiance chaleureuse au Café Xico’s

Café Xico’s à São Tomé.
Café Xico’s à São Tomé. Christian Goupi pour M Le magazine du Monde

Tables et tabourets en bois, cuisine ouverte, menus à l’ardoise… Dans ce café de São Tomé, aménagé dans un ancien entrepôt de cacao, locaux et expatriés se côtoient dans une ambiance chaleureuse. A la carte, une cuisine traditionnelle d’inspiration portugaise et brésilienne : assiettes de petiscos à base de beignets de fruits de mer, de crabe farci ou de poulpe grillé, feijoada aux haricots noirs et au manioc, porc à l’ananas… Le QG parfait pour suivre les matchs de foot de la Ligue des champions ou fraterniser autour d’une bière Sagres.

Environ 15 € le repas. Fermé le dimanche. Praça De Amizade e Solidariedade, São Tomé. www.xicoscafe-stp.com

Pause à la plantation São João

La plantation São João transformée en maison d’hôtes.
La plantation São João transformée en maison d’hôtes. Christian Goupi pour M Le magazine du Monde

Originaire de São Tomé, le chef João Carlos Silva a transformé cette plantation de cacao du XIXe siècle en une délicieuse pousada, nichée dans un jardin exotique. Les hôtes y savourent des recettes inspirées (poisson volant sur lit de papaye verte marinée, ceviche de marlin aux fruits et aux fleurs des îles) avec vue sur l’océan et la baie de Santa Cruz. A l’étage, six chambres spacieuses au mobilier simple : parquet de bois exotique, lits enveloppés de moustiquaire, grandes salles de bains…

55 € la double en B & B. São João de Angolares. www.pousadas.st/roca-sao-joao

Vestiges coloniaux à Agua Izé

La pousada Agua Izé à São Tomé.
La pousada Agua Izé à São Tomé. Christian Goupi pour M Le magazine du Monde

Fondée en 1854 par le baron portugais d’Agua Izé, qui introduisit la culture du cacao à São Tomé, cette roça fut la plus moderne et la plus grande plantation de l’île jusqu’à l’indépendance, en 1975. Les sacs de fèves étaient alors acheminés par une ligne de chemin de fer jusqu’à son propre quai de chargement, sur une petite baie de la côte sud. Aujourd’hui à l’abandon, le site présente autour de sa place pavée son hôpital délabré, ses comboios (les habitations des employés), et ses entrepôts de séchage envahis par la végétation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *